
Le principal risque apparaît lorsque des textes bien rédigés sont utilisés sans vérifier les faits, les sources ou les citations.
En droit, une réponse fluide ne suffit pas. Chaque affirmation importante doit pouvoir être reliée à une source réelle et contrôlée par un juriste.
Qu’est-ce que l’« AI slop » ?
Le terme « AI slop » désigne des contenus produits rapidement par intelligence artificielle, souvent bien présentés mais pauvres sur le fond ou insuffisamment vérifiés.
Dans le domaine juridique, le problème devient sérieux lorsque ces textes contiennent des références inventées, des arrêts inexistants ou des règles mal interprétées.
Le temps gagné au moment de la rédaction peut alors être perdu pendant la vérification, car chaque citation doit être contrôlée avant d’être utilisée.
Pour les particuliers qui utilisent eux-mêmes ces outils, notre guide sur l’IA juridique pour particuliers présente les principales précautions.
Pourquoi une IA peut inventer des citations
Les modèles de langage produisent du texte en prédisant les mots les plus probables dans un contexte donné.
S’ils ne travaillent pas à partir de sources juridiques fiables, ils peuvent générer une référence qui semble crédible sans qu’elle existe réellement.
Une fausse décision peut ainsi reprendre le nom d’un tribunal, un numéro de cause plausible ou un principe juridique réel tout en étant entièrement inventée.
Le risque augmente lorsqu’un utilisateur reprend la réponse sans vérifier les sources.
Travailler à partir de sources contrôlées
Pour limiter les erreurs, une recherche juridique assistée par IA doit rester reliée à des sources accessibles et vérifiables.
L’outil peut s’appuyer sur des bases juridiques officielles, de la jurisprudence, de la doctrine ou les documents internes du cabinet.
Le professionnel doit ensuite pouvoir ouvrir la source utilisée et vérifier qu’elle soutient réellement l’affirmation produite.
Cette méthode permet d’utiliser l’IA comme un assistant de recherche plutôt que comme une source d’autorité.
Protéger aussi les données du dossier
La fiabilité des sources n’est pas le seul enjeu. Les documents transmis à une IA peuvent contenir des informations confidentielles.
Avant d’utiliser un outil sur un dossier réel, il faut donc vérifier où les données sont stockées, qui peut y accéder et si elles servent à entraîner les modèles.
La LPD n’impose pas que toutes les données soient hébergées en Suisse, mais elle encadre leur communication à l’étranger.
Les règles sont détaillées dans notre article sur l’IA et protection des données. Les mesures annoncées par Silex figurent sur la page sécurité et secret professionnel.
Les tribunaux surveillent davantage les citations générées par IA
Plusieurs juridictions étrangères ont déjà relevé des actes contenant des références juridiques inexistantes ou impossibles à vérifier.
En Allemagne, des décisions rendues en 2025 ont notamment signalé des citations apparemment générées par IA dans des écritures judiciaires.
Ces situations montrent que l’utilisation d’un outil d’IA ne dispense pas le professionnel de vérifier les sources avant de déposer un document.
En droit de la famille, où les dossiers sont souvent particulièrement sensibles, notre article sur l’IA pour le droit de la famille présente les usages et limites de ces outils.
Le signataire reste responsable du document
Lorsqu’un avocat dépose une écriture, il reste responsable de son contenu, même si une partie du texte a été préparée avec une IA.
Une citation inventée, une règle mal appliquée ou une erreur factuelle peut fragiliser le dossier et nuire à la crédibilité du professionnel.
L’IA ne peut donc pas servir de justification à une absence de vérification.
Les risques liés à l’utilisation quotidienne de ces outils sont également abordés dans notre article sur l’IA juridique quotidienne et la loi.
Le coût réel d’un contenu mal vérifié
Une réponse produite rapidement n’apporte aucun gain si elle demande ensuite de longues corrections.
Une mauvaise citation peut obliger l’équipe à reprendre une partie du mémoire, vérifier de nouvelles sources ou corriger une analyse déjà transmise.
À cela s’ajoute le risque réputationnel. Un cabinet qui transmet régulièrement des références incorrectes peut perdre la confiance de ses clients et de ses partenaires.
Le véritable gain de temps vient donc d’un outil qui facilite aussi la vérification.
Préserver la crédibilité de la profession
La multiplication de contenus juridiques non vérifiés peut rendre plus difficile la distinction entre une source fiable et un texte simplement convaincant.
Les professionnels ont donc intérêt à adopter des règles internes claires : utiliser des sources vérifiables, contrôler les références importantes et former les équipes aux limites des modèles génératifs.
Notre guide pour choisir un assistant IA juridique présente les principaux critères à examiner.
La forme du texte compte également. Une rédaction trop standardisée ou artificielle peut nuire à la crédibilité du document, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’empreinte artificielle de la rédaction.
Comment vérifier une source avant de la citer
Une citation juridique doit pouvoir être retrouvée dans une source officielle ou reconnue.
Lorsqu’une IA mentionne une loi, un arrêt ou un ouvrage, le juriste doit ouvrir la référence, vérifier qu’elle existe et lire le passage dans son contexte.
Il faut également contrôler que le raisonnement correspond réellement à la source citée. Une référence peut être authentique tout en étant mal interprétée.
Cette vérification reste indispensable avant toute utilisation dans un avis, un contrat ou une écriture judiciaire.
L’analyse humaine reste indispensable
L’IA peut rechercher, résumer et organiser de grandes quantités d’informations.
Elle ne connaît toutefois pas tous les enjeux du dossier, les objectifs du client ni les choix stratégiques qui doivent être faits.
Le juriste doit donc replacer les résultats dans leur contexte, écarter les suggestions inutiles et compléter l’analyse lorsque cela est nécessaire.
L’IA accélère le travail préparatoire. La décision et la responsabilité restent humaines.
Ce que propose Silex
Silex est conçu pour travailler à partir de sources juridiques suisses et des documents internes du cabinet.
Avec Silo, les professionnels peuvent analyser leurs propres documents et les relier aux sources utilisées dans la recherche.
Selon Silex, les réponses renvoient à des sources vérifiables, les données sont hébergées en Suisse chez Infomaniak et les fichiers clients ne servent pas à entraîner les modèles.
L’outil peut aussi être intégré à certains environnements de travail existants. Le partenariat Silex et MCR Solutions et l’intégration de Silex dans WinLex et SkyLex présentent cette approche.
La banque privée Bordier & Cie utilise également Silex pour sa recherche juridique.
Les offres sont présentées sur la page tarifs Silex, les fonctions sur la page produit Silex et les différents usages sur la page solutions par pratique.
En bref
Un contenu généré par IA ne doit jamais être utilisé uniquement parce qu’il semble crédible.
Avant de déposer ou transmettre un document, vérifiez les lois, les arrêts et les autres références citées. Assurez-vous également que les données du dossier ont été traitées dans un environnement adapté.
Une IA juridique utile doit faciliter cette vérification, pas la rendre plus difficile.
Pour tester Silex sur vos propres dossiers, vous pouvez réserver une démo.
FAQ
Peut-on utiliser une IA généraliste pour un dossier juridique ?
Oui pour certaines tâches préparatoires, mais les sources et les conditions de traitement des données doivent être vérifiées avant d’utiliser le résultat dans un dossier réel.
Qui est responsable si une IA produit une mauvaise citation ?
Le professionnel qui utilise et transmet le document reste responsable de la vérification du contenu final.


